The tradition & historical record
5 min read · 2 sources'Ori tahiti est une pratique artistique, sociale et culturelle de Tahiti et des îles de la Société. C'est la forme de danse la plus pratiquée dans l'ensemble polynésien, qui incarne l'identité culturelle tahitienne. Cette pratique regroupe les modes d'expression culturels les plus forts et les plus vifs de danse traditionnelle, de musique, d'art oratoire ('ōrero), de chants traditionnels (hīmene) et de costumes. Le 9 octobre 2017, le 'Ori, pratique artistique, sociale et culturelle de Tahiti et des îles de la Société est soumise au Comité du patrimoine ethnologique et immatériel (CPEI) pour l'évaluation de son inclusion dans l'inventaire national français du patrimoine culturel immatériel. Ainsi, cette pratique est incluse dans l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis le 26 octobre 2017. 1
Définition
Le terme 'ori tahiti se traduit littéralement par « danse ('ori) tahitienne (tahiti) ». En ce sens, il est indissociable de son origine, de son lien au sol et de la charge affective accordée à l'enracinement culturel dans l'espace insulaire des îles de la Société. En substance, le 'ori désigne une forme d'expression collective reposant sur une technique de danse traditionnelle. Il met en exergue une distinction des genres (hommes/femmes), d'une part, et une dissociation du corps, d'autre part, qui se traduit par un marquage du rythme par le bas du corps et par l'interprétation d'un thème culturel par le haut du corps selon une esthétique propre à Tahiti. L'usage d'instruments traditionnels et de la langue tahitienne soutiennent une gestuelle rapportant les coutumes, les légendes ou les mythes et confortent le lien étroit existant entre le Polynésien et son univers. Les danseurs portent des costumes spécifiques constitués d'éléments issus de l'environnement naturel, dont l'agencement valorise les mouvements caractéristiques du 'ori. Les performances dansées s'articulent autour de chorégraphies concertées nécessitant de nombreuses répétitions. Les représentations sont organisées en des circonstances fixées à l'avance. Elles apparaissent comme « le complément naturel de la plupart des manifestations collectives ». Enfin, le terme générique de 'ori tahiti se décline en cinq types de danses, dont chaque genre, que l'on peut considérer comme traditionnel, a son nom propre: 'ōte'a, 'aparima, hivināu, pā'ō'ā et pāta'uta'u. Le 'ori tahiti est également connu et désigné, plus trivialement, sous le nom de tāmūrē, une déclinaison populaire et ludique de la danse. 1
La dualité corporelle bas du corps/haut du corps
Les pieds et les balancements des hanches produisent le rythme de base; la danse acquiert sa signification par les gestes des bras qui racontent une histoire. Chaque geste correspond à l'expression d'un mot, d'une action ou d'un concept. Le thème de la chorégraphie ou les paroles du chant étant d'une importance capitale, les danses se concentrent sur les bras et le buste. Son expression donne lieu à l'élaboration d'un « langage » poétique se renouvelant au gré des textes rédigés, véritables supports des créations chorégraphiques. La gestuelle est tout aussi complexe que subtile. Loin de relever du mime, elle permet de dire l'indicible, de transcender les écrits. 1
Dichotomie entre les mouvements féminins et masculins
« Au sein du 'ori de Tahiti et des îles de la Société, les mouvements des hommes diffèrent de ceux des femmes, laissant apparaître deux styles chorégraphiques bien distincts. Généralement, les danseurs n'exécutent pas les mêmes mouvements de la partie supérieure du corps que les danseuses, ni les mêmes mouvements de la partie inférieure. En revanche, certains mouvements, différents dans la forme, peuvent avoir les mêmes significations »p. 4 1
Mouvements des femmes
La danse, dans sa version féminine, se caractérise par un maintien du dos et du buste qui libère la mobilité du bassin. Ce dernier est actionné par la force motrice des pieds, ce qui se traduit par un jeu de jambes souple, renforcé par la flexion alternée des genoux. En outre, le transfert du poids du corps, selon la jambe d'appui, permet à la danseuse de prendre assise dans le sol et d'exécuter ses pas. Enfin, le ventre fait l'objet d'un travail minutieux, qui oscille entre contraction et relâchement musculaire. L'action du bassin s'en trouve accentuée, avec des variations dans l'ampleur des rotations ou des balancements ainsi que dans la rapidité d'exécution. En soi, les mouvements du bas du corps n'ont pas de significations précises et relèvent de la performance ou de la synchronisation rythmique. Le haut du corps se distingue par la dissociation des bras. Les membres supérieurs se meuvent avec fluidité. Chaque articulation est développée partant du frottement du pouce contre l'index, à l'ondulation générale des autres doigts et du poignet. Les coudes se plient et se déplient, ajoutant encore aux possibilités de la gestuelle. Ce registre peut encore être affiné grâce à l'accompagnement subtil de la tête, qui suit ou s'oppose aux gestes, et à l'expression du visage et des yeux. L'inventaire dressé en 2017 par le Conservatoire artistique de la Polynésie française - Te Fare Upa Rau, recense les pas suivants: 1
Mouvements des hommes
Les chorégraphies des hommes exaltent la force physique et la combativité. Sauts, frappes, postures ouvertes et endurance dans les positions fléchies renforcent l'imagerie de la virilité. On retrouve la dissociation entre les membres inférieurs et supérieurs. L'esthétisme de la gestuelle diffère cependant des danseuses et reste fidèle à une expression de la masculinité et donc moins fluide, peu axée sur l'ondulation des bras. Parfois, quelques mouvements de bassin interviennent au cours d'une chorégraphie, mais ils accompagnent des prestations à vocation parodique ou suggestive. Le même inventaire Te Fare Upa Rau recense les pas suivants: 1
The text above is adapted from the Wikipedia article “’Ori tahiti”, available under the Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 licence. 1
'ori tahiti is recorded in open cultural data. The structured record cited below does not describe the practice, and this entry has not yet been reviewed by a person familiar with the tradition. 2
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